Petite escapade à Lompoul

Il n’était que 8h30 et déjà le soleil tapait fort. Nous nous sommes rencontrés à la Brioche Dorée, notre point de rencontre habituel, et nous sommes montés à bord du bus qui allait nous conduire jusqu’au désert de Lompoul, quatre heures plus tard. Après une pause pipisous l’oeil curieux des vaches, nous avons embarqué dans un camion sans toit, avec de petites banquettes de chaque côté. Nous avons roulé dans les dunes de sable pendant une dizaine de minutes avec la peur d’être éjecté du camion qui nous suivait avant d’arriver sur le site. Devant nous, une mer de sable qui semblait s’étendre à l’infini. Au travers des arbres se succédaient des files indiennes de tentes blanches, nos chambres pour la fin de semaine. À l’intérieur de celles-ci se dressaient deux lits installés sur un grand tapis qui donnait sur une salle de bain à ciel ouvert. Un petit coin de paradis.

Pour souligner notre arrivée, nous avons dégusté un bon jus de bissap, boisson sénégalaise absolument délicieuse et rafraichissante! Ce fut ensuite l’heure du déjeuner. Au menu : salade de légumes en entrée, puis yassa poulet et yogourt aux bananes comme dessert. Nous avions ensuite la fin de l’après-midi libre avant que nous partions faire un tour de dromadaire.

Il y en avait trois qui nous attendaient en grognant sur les dunes. Ils étaient énormes! Nous sommes montés deux par deux. J’étais assise derrière la bosse, sur un sac, alors que Raphaëlle eut la chance d’embarquer sur un petit banc installé sur le top de la bosse. J’étais très calme jusqu’au moment où, sans prévenir, mon dromadaire décide de se mettre debout. Ce n’est pas de ce qu’il y a de plus gracieux et de plus rassurant : il commence par étendre ses pattes arrières qui, disons-le, dont pratiquement deux fois ma taille, avant de lever ses pattes de devant. Bref, nous nous sommes fait brasser! Étrangement, malgré ses interminables pattes, le dromadaire se déplace plutôt lentement. Nous avons monté et descendu plusieurs dunes de sable pendant que le soleil montrait ses derniers rayons. C’était magique, une expérience complètement hors du commun! La descente ne fut pas plus rassurante que la montée puisque j’ai pratiquement été expulsé du dromadaire et faillit me retrouver les fesses dans le sable!

Lorsque le soleil eu totalement disparu, vint l’heure du diner. Déjà que nous avions été reçus comme des rois dans la matinée, on nous sert un gros poisson avec un accompagnement de crudités, précédé par une salade de crevettes. Pour terminer le repas, comme si cela n’était pas suffisant, on nous apporte une grande assiette de clémentines et de bananes.

Puis, comme si nous ne passions pas déjà des « vacances » de rêve, un gros feu est allumé et des musiciens se mettent à jouer des djembés (et autres instruments dont j’ignore malheureusement les noms), chanter et danser. C’était la fête! Nous avons chanté, crié, sauté, tourné, dansé jusqu’à en avoir trop chaud. Les uns après les autres, nous avons tous regagné nos tentes et sommes allés nous coucher.

Petit fun fact : Pierrette nous avait raconté que pendant la nuit, il faisait plutôt frais dans le désert et que nous allions même avoir besoin de nous couvrir… eh bien non! À notre (et surtout mon) plus grand désarroi, les tentes avaient gardé la chaleur de la journée et nous crevions tous sous nos moustiquaires.

Je me levai très tôt le lendemain matin puisque le soleil commençait déjà à réchauffer nos tentes. Les autres suivirent et nous primes le petit déjeuner tous ensemble. C’était reposant comme ambiance, pas un bruit de voiture, pas de cris des marchands, pas de bâtiments en béton, seulement le vent dans le sable.

La journée était consacrée à la mise au point de mi-séjour. Nous avons beaucoup parlé, de nos familles d’accueil, de notre travail, de la dynamique de groupe, des activités organisées, nous avons rempli un questionnaire. Vint ensuite le temps d’ouvrir nos lettres. Il y a de cela presqu’un an, soit le 22 novembre 2016, avant que nous sachions si on allait atterrir au Sénégal ou en Inde, nous nous sommes chacun écrit une lettre à nous même. Je ne sais pas ce que celles des autres racontaient, mais je crois que cela nous a tous fait du bien et nous a fait réaliser tout le chemin parcouru et les efforts que nous avions mis pour vivre cette expérience.

(de gauche à droite : Gabrielle, Anne-Solina, Bérénice, Raphaëlle, Maya et Sandrine)

Avant de prendre le dîner, nous nous sommes assis tous ensemble avec quelques autres visiteurs et nous avons fait une géante partie de loup-garou! L’heure de manger est finalement arrivée et comme la veille, on eut droit à un festin! Les djembés sont ressortis et nous eûmes autant de plaisir que la nuit précédente à nous immerger dans cette magnifique culture. Certains sont allés se coucher, d’autres ont continué à jouer au loup-garou à la belle étoile.

Le lendemain, nous nous sommes tous levés un peu à reculons. Nous étions si bien ici, mais c’était déjà le temps de dire au revoir à ce décor paradisiaque. Toutefois, nous ne pouvions pas quitter simplement, non non non! Un autre groupe de Québécois a décidé que ce serait drôle de voler notre camion pour sortir du désert alors que nous étions prêts et que nous attendions depuis plus d’une heure. Nous avons tous pogné un peu les nerfs et Mustafa, notre sauveur!, a négocié plutôt agressivement avec le responsable et le chauffeur du camion. Nous avons finalement « regagné » notre place et c’est ainsi que notre aventure dans le désert s’est terminée : dans la fatigue, la bonne humeur et la chaleur!

Bérénice L’Hérault-Petitclerc